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IAN DAVENPORT – Héritage historique

Ian Davenport fait partie des artistes qui ont nourrit et nourrissent notre génération de Nouveaux Danseurs comme Faig Ahmed, Kennedy Yanko ou encore Yann Houri, déjà présentés dans les publications précédentes.

Le premier livre exposant l’évolution complète l’Oeuvre de Davenport, publié par Thames & Hudson en 2014, présente une introduction par Damien Hirst qui dès 1987 côtoyait l’artiste à Goldsmiths (Université de Londres). Dès ce moment Hirst ne cessa d’admirer le travail de Davenport. Ils font partie des Young British Artists, groupe emblématique fondé vers la fin des années 1980.

Connu pour ses « poured line », créées à partir du début du siècle, qu’il présente à travers le monde, Ian Davenport nous fait voyager entre deux eaux, dont les natures même s’opposent.

Les peintures de l’artiste évoluent sur plusieurs plans dimensionnels; la verticalité, l’horizontalité et la temporalité. On retrouve des similitudes dans certaines tapisseries de Faig Ahmed. Le passage de la ligne droite verticale, rappelant la grille emblème du modernisme, à la courbe fluide créer sur la surface horizontale, permise par l’écoulement du temps et de la matière sur la surface verticale nous questionne.

Notre perception du monde, de l’Espace et du Temps, notre point de vue limité d’êtres humains, semblent être évoqués dans les peintures de Ian Davenport. La matière devient outils et sujet, concept clé chez les Artistes de la Nouvelle Danse. Sortir du « cadre » et des dimensions connues afin d’explorer d’autres pans de la réalité permettent une fois de plus de faire de l’art un outil de questionnement et de recherche.

La ligne droite verticale se libère en courbes infinies à mesure que le temps passe. La peinture devient flexible, mouvante, presque dansante. La matière s’organise naturellement. Se serait elle libérée de certains carcans ? Le contraste des deux parties des poured ligne de Ian Davenport renvoie aux dichotomies présentes dans la nature, dans nos comportements, nos pensées, nos sociétés. Ici l’anatomie même de la peinture devient également dichotomique. Cependant cette étape intervient en seconde partie dans l’action du peintre. Point de division, mais  un changement d’axe générant une opposition nette dans le fond et dans la forme. En effet, la partie horizontale dépend de l’acte inscrit dans la verticalité, elle en est sa distortion. Les deux dimensions sont intimement liées dans leur caractéristiques techniques; quantité et donc poids de la matière, densité et donc rapidité et entremêlement particulier.

«Le mouvement de la peinture m’intéresse vraiment, il s’agit de la façon dont vous contrôlez le fluide, mais aussi de la façon dont le liquide de la peinture crée des formes indépendamment. C’est une expérience visuelle assez inhabituelle. Je suis vraiment passionné par la peinture et les matériaux. »  Ian Davenport

Si l’on revient sur le concept de grille (grid en anglais), comme emblème du modernisme dans la seconde moitié du 20ème siècle, il semble que Ian Davenport soit l’un des passeurs entre cet ancien monde et le nouveau, celui du 21ème siècle et ses Nouveaux Danseurs. Il est incontestable de remarquer l’Oeuvre précédente à celle de Ian Davenport; le travail de Morris Louis évidemment. Encore une fois nous observons que dans la Nature et l’histoire de l’art; « Rien ne se perd, rien de se créer, tout se transforme ».

IAN DAVENPORT (1966-)

Historical legacy

Ian Davenport is one of the artists which nurtures our generation of New Dancers such as Faig Ahmed, Kennedy Yanko or Yann Houri already presented in previous publications.

The first book exposing the complete evolution of Davenport’s Work, published by Thames & Hudson in 2014, features an introduction by Damien Hirst who in early  1987 worked with the artist at Goldsmiths (University of London). From that moment Hirst kept admiring Davenport’s work. They are part of the Young British Artists, an iconic group founded in the late 1980s.

Known for his “poured line” created since the new millenial, Ian Davenport takes us on a journey between two dimensions whose very natures are opposed.

The artist’s paintings evolve on several dimensional planes; verticality, horizontality and temporality. We find similarities in some tapestries by Faig Ahmed. The shift from the straight vertical line – reminiscent of the emblematic grid of modernism – to the fluid curves created on the horizontal surface – allowed by the flow of time and matter on the vertical surface- questions us.

Our perception of the world, Space and Time, our limited perspective as human beings, seem to be evoked in Ian Davenport’s paintings. The material becomes tools and subject, a key concept for the Artists of the New Dance. Getting out of the known “frame” and dimensions in order to explore other parts of reality once again makes art a tool for questioning and Research.

The vertical straight line breaks free in endless curves as time passes. The painting becomes flexible, moving, almost dancing. The Mater is naturally organized. Would she have free herself from certain shackles? The contrast of the two parts of Ian Davenport’s poured line refers to the dichotomies present in nature, in our behavior, our thoughts, our societies. Here the very anatomy of painting also becomes dichotomous. However, this step comes in the second part of the painter ’s act. No division but a change of axis generating a clear opposition in content and form. Indeed, the horizontal part depends on the act inscribed in the verticality, it is its distortion. The two dimensions are closely linked in their technical characteristics; quantity and therefore weight of the material, density and therefore speed and particular intertwining.

“I’m really interested in the movement of paint, it’s about how you control the fluid, but also how the liquid in the paint creates shapes independently. It’s a pretty unusual visual experience. I am really passionate about painting and materials. Ian Davenport

If we come back to the concept of the grid as an emblem of modernism in the second half of the 20th century, it seems that Ian Davenport is one of the smugglers between this « old world » and « the new world », the 21st century its New Dancers. It is indisputable to note the work preceding Ian Davenport; Morris Louis’ work of course. Again we observe that in Nature and the history of art; “Nothing is lost, nothing is created, everything is transformed”.

Elsa Duault

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YANN HOURI – La peinture dansée

Saisissant notre regard en une fraction de seconde, les oeuvres de Yann Houri fascinent. Né est basé à Paris, le jeune artiste nous fait découvrir une nouvelle dimension de la peinture et de la nature même du mouvement. En recherche de nouvelles réalités, Yann Houri explore les possibilités insoupçonnées de l’acrylique. Capturer l’instant se retrouve dans chacun de ses projets. Les oeuvres de Yann Houri semblent portées par une énergie brute édulcorée de détails  et couleurs d’une subtile poésie.

Chez Houri, la peinture et la sculpture s’enlace, ne forment plus qu’un. C’est en déshydratant l’acrylique que l’artiste lui crée de nouvelles caractéristiques techniques. Ainsi chacun de ses coups de pinceaux façonnent une expression libre du mouvement dans la matière. Certaines de ses peintures pèsent plus de 160kg.

Depuis 2018 Yann Houri travaille de fines plaques l’aluminium dans différentes séries de sculptures appelées « MO(VE)MENT », explorant des questions de Temps et d’Espace. Ces oeuvres retracent les mouvements exercés par le pinceau dans l’acrylique déshydratée. Ces« coups de pinceaux flottants » sont l’expression revisitée de la gestuelle de l’artiste. Ainsi ses peintures sculptées ont leur homologues en sculptures peintes.

« Je suppose que je ne peins pas, je danse » Yann Houri
 

Multidisciplinaire et attaché aux réalités de son temps, Yann Houri accompagne certaines  peintures de Réalité Augmentée. En ajoutant une dimension nouvelle aux oeuvres, le public découvre ainsi des coups de pinceaux numériques flottant sur leur écran. Les points de vue se multiplient.

Ces différents projets semblent créer des cercles où, dans la nature comme en art ; « Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme » (Lavoisier). Ainsi Houri transpose ses visions dans de multiples champs de recherches.

Les oeuvres de Yann Houri questionnent les définitions d’abstraction et figuration. La figuration opère dans le concept même d’utilisation de la matière par l’artiste. La réalité travaillée est celle de la matière. En d’autres mots, le sujet traité est la peinture, son énergie et ses caractéristiques techniques. Le point de vue a changé et s’inscrit dans une évolution constante des pratiques artistiques.

Une question subsiste; quelles réalités les matériaux seront-ils prêts à nous offrir ? Ce trait commun aux artistes présentés dans notre rubrique apparaît alors comme une nouvelle quête picturale.

Yann Houri coopère avec le temps, influant alors sur cette matière fascinante qu’est la peinture. Cette spécificité, commune aux artistes de la Nouvelle Danse, nous renvoie subtilement aux énergies générées par nos pensées et nos actes dans un monde mécanique et virtuel où il est souvent difficile de coopérer avec le temps plutôt que d’agir contre celui-ci. Chez Houri, l’acrylique pourrait être une allégorie de notre existence, de ce qui nous guide à chaque instants; nos émotions. Les émotions étant vecteurs d’énergie, elles sont donc génératrices de mouvements.

En créant sous l’influence de l’instant, sans prédictions, Yann Houri découvre à chaque moment ce que qui lui est offert; la magie et la sincérité de la spontanéité.

L’acrylique aurait-elle aussi des émotions? Ou plutôt des manières de réagir en fonction de son environnement et des modifications que l’on pourrait lui faire subir ? En façonnant encore et toujours ce avec quoi l’homme collabore depuis la nuit des temps, l’Humanité a apprivoisé les Matières offertes par la Nature et avance dans le temps, allant toujours plus loin, dans l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Elsa Duault

YANN HOURI (1990)

Dancing painting

 Catching our gaze in a second, Yann Houri’s works fascinate. Born and based in Paris, the young artist makes us discover a new dimension of painting and the inner nature of movement. In search of new realities, Yann Houri explores the unsuspected possibilities of acrylic. Capturing the moment is reflected in each of his projects. Yann Houri’s works seem carried by a raw energy sweetened with details and colors of subtle poetry.

With Houri, painting and sculpture come together, become one. By dehydrating the acrylic the artist creates new technical characteristics for it. Thus each of his brushstrokes shape a free expression of movement in the material. Some of his paintings weigh over 160kg.

Since 2018 Yann Houri has been working with thin aluminum plates in different series of sculptures called “MO (VE) MENT”, exploring questions of Time and Space. These works retrace the movements exerted by the brush in dehydrated acrylic. These “floating brushstrokes” are the revisited expression of the artist’s body language. Thus his sculpted paintings have their counterparts in painted sculptures.

« I guess I don’t paint, I dance » Yann Houri
 

 Multidisciplinary and close to the realities of his time, Yann Houri pairs some paintings with Augmented Reality. By adding a new dimension to the works, the public discovers digital brushstrokes floating on their screen. Points of view are multiplying.

Those different projects seem to create circles where, in nature as in art; “Nothing is lost, nothing is created, everything is transformed” (Lavoisier). Houri thus transposes his visions into multiple fields of research.

Yann Houri’s works question the definitions of abstraction and figuration. Figuration operates in the very concept of the artist’s use of material. The reality is the material’s reality. In other words, the subject is paint, its energy and its technical characteristics. The point of view has changed and is part of a constant evolution of artistic practices.

One question remains; what realities will the materials be ready to offer? This feature common to the artists presented in our section then appears as a new pictorial quest.

Yann Houri cooperates with time, thus influencing this fascinating material that is painting. This specificity, common to New Dance artists, subtly refers us to the energies generated by our thoughts and actions in a mechanical and virtual world where it is often difficult to cooperate with time rather than act against it. For Houri, acrylic could be an allegory of our existence, of what guides us, at every moment; our emotions. Emotions are vectors of energy, they generate movement.

By creating under the influence of the moment, without predictions, Yann Houri constantly discovers what is offered to him; the magic and sincerity of spontaneity.

Does acrylic have emotions too? Or rather ways of reacting according to its environment and the changes that could be made to it? By shaping again and again what humans had collaborated with since the dawn of time, Humanity has tamed the Materials offered by Nature and advances in time, always going further, in the infinitely large and the infinitely small.

Elsa Duault

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KENNEDY YANKO – La peinture incarnée

Kennedy Yanko, artiste américaine basée à Brooklyn (New York) développe une approche sculpturale de la peinture particulièrement unique. Ses oeuvres nous saisissent par leur présence et leur dualité.

En 2019 l’artiste commence à nommer l’élément peinture de ses oeuvres « Paint skin », littéralement « Peau de peinture ». Dés lors, Yanko personnifie la matière, désormais incarnée puis travaillée comme le serait le cuir. L’artiste américaine entre alors en étroite collaboration avec ce médium. Celle ci présente des caractéristiques nouvelles. Pliée, roulée, coincée, l’acrylique se découvre une nouvelle fonction et épouse élégamment son matériau partenaire.

L’association de la peinture épaisse avec le marbre, le métal ou le verre dans les sculptures de Kennedy Yanko offre une illusion d’optique dont l’artiste nous explique le lien profond avec le comportement fondamental des atomes, dans lequel leur contexte informe leur présentation. L’artiste fait entrer en dialogues intimes matériaux et disciplines. La relation entre la peinture et ces matériaux de choix nous renvoie aux liens intimes entre le mouvement et le statique, entre la rigidité et a souplesse.

La peinture ayant à présent un poids ou encore une longueur et une profondeur (épaisseur palpable), Kennedy Yanko donne vie à la matière. Dans les oeuvres de sa série « Element and skin » (2017/2018) on observe des peaux marbrées. Ces marbrures sont mouvements capturés dans le temps. Elles évoquent le métamorphisme, les transformations, subies par la roche dans le temps en raison des modifications des conditions de température, de pression, de compositions chimiques ou même de la nature des fluides minéralisés. Ce qui nous invite à (re)penser aux questions d’Espace et de Temps, éléments clés des artistes de la Nouvelle Danse.

Pour remonter dans le temps, les « pour» de Kennedy Yanko nous rappelle sans hésitation les « Latex pour » de Lynda Benglis, artiste américaine phare des années 60 envers qui la Nouvelle Danse doit en partie son héritage. Le pouring est l’acte de verser l’acrylique plus ou moins liquide sur une surface horizontale ou en relief.

Yanko nous invite à investir des réalités en dehors de celles déjà connues. En effet cette approche de la peinture n’est pas chose commune pour notre oeil habitué à une utilisation « traditionnelle » de ce médium. Elargir les points de vues en explorant de nouveaux horizons sont pour tous les artistes de la Nouvelle Danse une signature.

https://kennedyyanko.com/
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Elsa Duault

Pivot, 2018, Kennedy Yanko, 60x48X48in

 

Anchor, Kenney Yanko, 2019, 14×12,5x12in

 

Disappear, Kenny Yanko, 2020, 76x23x15in

 

KENNEDY YANKO (1988)
Embodied painting

Kennedy Yanko is an American artist based in Brooklyn (New York). She develops a unique sculptural approach to painting. Her works catch our gaze with their physical presence and duality.

In 2019 the artist began to name the paint element of the works « Paint skin ». From then on Yanko seems to personify the material. Now the embodied paint appears worked as the leather would be. From this point the artist enters into close collaboration with the material. Folded, rolled or stuck, acrylic reveals new functions and characteristics.

By associating thick paint skin with marble, metal or glass Kennedy Yanko’ sculptures offer optical illusions by blurring the nature of the different materials. In her statement the artist explains the deep link with the fundamental behavior of atoms, in which their context informs their presentation. By exploring the realities of materials in their deepest natures, La Nouvelle Danse shows up once again. Furthermore the relationship between paint and raw materials brings us back to the essential links between movement and statics, rigidity and flexibility. Subjects and disciplines enter into intimate dialogues.

Paint now having a weight or even a length and a depth (palpable thickness) Kennedy Yanko gives acrylic some life and a physical presence. In her serie “Element and skin” (2017/2018) we observe poured marbled skin. These mottles are movements of paint captured in time. They evoke the metamorphism and transformations undergone by the rock over time due to changes in temperature, pressure, chemical composition or even the nature of mineralized fluids. This invites us to (re)think about the questions of Space and Time which are key elements for the artists of the Nouvelle Danse. By drawing inspiration from the movements present around us, which we do not necessarily perceive, artists redefine reality in art.

To go back in time, Kennedy Yanko’s “pour” remind us without hesitation Lynda Benglis’s “Latex pour”. Lynda Benglis is a leading American artist of the 1960s to whom La Nouvelle Danse owes part of its heritage.

Yanko invites us to invest realities outside of those already known. Indeed this approach to painting is not common to our eyes, accustomed to a “traditional” use of this medium. Broadening points of view by exploring new horizons is a signature for all artists of the Nouvelle Danse.

https://kennedyyanko.com/

Elsa Duault

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FAIG AHMED – Entre tradition et vision

Notre rubrique présentant les artistes de la Nouvelle Danse, explore différents arts, différentes cultures et origines. L’universalité des œuvres et des pratiques nous fait voyager à travers le monde et découvrir une mouvance artistique, bien ancrée dans notre époque. La Nouvelle Danse c’est un langage artistique commun, s’inspirant d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Les artistes sont nés pour la plupart entre 1980 et l’an 2000.


FAIG AHMED (1982)

Entre tradition et vision

Faig Ahmed nous transporte au cœur de la culture persane de son pays; l’Azerbaïdjan où le tissage traditionnel du tapis est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2010 (UNESCO).

Connu internationalement, il a notamment représenté son pays lors de la Biennale de Venise en 2007. Faig Ahmed c’est la rencontre entre l’art traditionnel du tapis azerbaïdjanais et des motifs contemporains avant gardistes.

A travers divers projets, le jeune artiste revisite la tapisserie, offrant une nouvelle liberté à cet art ancestral dont la plus vielle pièce connue date du Ve siècle av-JC. Ses œuvres sortent de leurs formes traditionnelles et s’approprient la sculpture ou encore la peinture. Les tapis de Faig Ahmed brouillent les pistes et nous font nous poser la question de la nature même de l’objet. Est-ce vraiment de la tapisserie ? Bluffant.

Son travail sur les distorsions nous renvoient à la notion de perception de la réalité et évoquent des mondes glissants où la rigueur de la forme géométrique laissent place à la liberté et la poésie de la courbe.

La Matière, ici les fibres de laine ou de soie, est belle et bien chez Ahmed, au cœur du sujet, signature des Nouveaux Danseurs, explorant les limites de leur médiums. L’artiste s’ancre dans la mouvance Nouvelle Danse non seulement par l’approche visuelle et philosophique de son travail mais aussi par la fusion de différentes pratiques, en l’occurrence la tapisserie et la sculpture, l’art numérique ou encore l’idée d’une peinture fluide. Sa série Liquid renvoie à l’aspect fluide des peintures de certains créateurs de la Nouvelle Danse et nous rappelle que les artistes à l’origine des motifs des tapis d’époques étaient avant tout peintres.

Ahmed explore également, à travers divers projets toujours plus spectaculaires, des notions de topographie ou encore de surface d’objects, sujets communs aux artistes de la Nouvelle Danse. Créant du lien entre Tradition, Nature et Temporalité Faig Ahmed joue entre les dimensions et s’amuse des notions spatiotemporelles, donnant aux tapis une aura métaphysique et universelle.

https://faigahmed.com/

Elsa Duault

 

ENGLISH VERSION

Our section presenting artists of the New Dance, explores different arts, different cultures and origins. The universality of works and practices makes us travel around the world and discover an artistic movement, well anchored in our time. La Nouvelle Danse is a common artistic language, inspired by yesterday, today and tomorrow. The artists were mostly born between 1980 and the year 2000.


FAIG AHMED (1982)

Between tradition and vision

 Faig Ahmed transports us to the heart of the Persian culture of his country; Azerbaijan. There traditional carpet weaving has been registered on the representative list of the intangible cultural heritage of humanity since 2010 (UNESCO).

Known internationally, he represented his country at the Venice Biennale in 2007. Faig Ahmed is the encounter between the traditional art of Azerbaijani carpet and avant-garde contemporary patterns.

Through various projects the young artist reinvents tapestry and offers new path to this ancestral art. Besides the oldest known tapestry piece to date is from the 5th century BC. Faig Ahmed’s works are going beyond their traditional forms by exploring sculptural or painting forms and aspects. His rugs blur the lines and make us wonder about the very nature of the object. Is it really tapestry? Bluffing.

His distortions brings us back to the notion of perception of reality by evoking slippery worlds where the rigor of the geometric form gives way to the freedom and poetry of the curve.

The Material, here wool or silk fibers, is in Ahmed’s work at the heart of the subject. Exploring the limits of the materials is one of the New Dancer’s signature. The artist is anchored in the Nouvelle Danse movement not only by the visual and philosophical approach of his work but also by the fusion of different practices, in his case tapestry and sculpture but also digital art or even the idea of a fluid painting. His Liquid series refers to the fluid aspect of paintings made by some of the New Dancer artists. Furthermore it reminds us that, back in time, the artists behind rugs’ patterns were painters.

Ahmed also explores through various spectacular projects some notions of topography and  surface of objects, common topics for the artists of the New Dance. By creating links between Tradition, Nature and Temporality Faig Ahmed plays with dimensions and spatio-temporal notions, giving the rugs a metaphysical and universal aura.

https://faigahmed.com/

Elsa Duault

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Marjane Satrapi : une féministe et artiste polyvalente

Qui ne connaît pas la puissante et profonde BD Persepolis ?! Son autrice, Marjane Satrapi, est une féministe, peintre, dessinatrice et réalisatrice Franco-Iranienne.

Déterminée et énergique, cette artiste polyvalente a renoué avec sa passion primaire qui ne l’a jamais quittée depuis son enfance : la peinture. En effet, dans le cadre de l’exposition « Femme ou rien », elle a peint 15 œuvres après sept ans depuis sa dernière exposition.

Les couleurs vives confèrent encore plus de force à ses femmes, qui sont, évidemment, les protagonistes absolues de ses œuvres.

L’exposition qui a débuté à la Galerie Penthièvre à Paris le 8 octobre 2020, aurait dû être visible jusqu’au 28 novembre mais a dû fermer ses portes conformément aux règles sanitaires.

Nous espérons donc qu’elle pourra rouvrir bientôt et on suivra son travail d’exception tout au long de sa variée carrière d’artiste : girl power !

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Deux expositions « à preuve de confinement » !

Pendant ce deuxième confinement, profitons- en pour voyager en Italie et pour se promener au Musée du Louvre !

À partir du 15 décembre nous pourrons, peut-être, retourner à visiter les musées et à nourrir nos yeux et nos esprits. En attendant, nous vous signalons deux expositions virtuelles incontournables pour alléger ces jours de confinement.

 

Pompéi, Le Grand Palais  

Parmi les choses inattendues de cette année, une découverte qui date de fin novembre a sans doute été exceptionnelle : deux victimes de l’éruption du Vésuve, de 79 a. J.-C., ont été retrouvées à Pompéi !

Après avoir reconstruit la position dans laquelle les deux hommes se trouvaient au moment de la coulée de lave, les archéologues ont pu constater que les hommes étaient en train de fuir. Il s’agirait d’un esclave de 18-25 ans, à juger de l’état usé de ses vertèbres et ses os, et de celui qui aurait pu être son maître, habillé avec un manteau et une tunique.

Pour plonger dans l’univers magique et adventureux des fouilles archéologiques malgré le confinement, quoi de mieux que visiter la magnifique exposition du Grand Palais dont on vous avait parlé ici  directement depuis votre canapé ?

https://www.grandpalais.fr/fr/expo-pompei-chez-vous

 

Figure d’Artiste, La Petite Galerie du Louvre

 Promenez-vous virtuellement dans la Petite Galerie du Louvre dans le cadre de l’exposition « Figure d’Artiste ». Vous pourrez ainsi découvrir environ trente œuvres analysées et examinées dans les détails pour nous faire réfléchir sur comment la figure de l’artiste s’est développée au fil du temps.

Du début de l’artisanat à l’art contemporain qui fait parfois scandale aujourd’hui, avec un focus particulier sur l’art de la Renaissance, cette exposition retrace les « highlights » de l’histoire de l’art.

https://petitegalerie.louvre.fr/visite-virtuelle/saison5/

 

 

 

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Les Nouveaux Danseurs, au coeur d’un mouvement

Elsa Duault, tout d’abord talentueuse artiste mais aussi passionnée d’histoire de l’art et excellente écrivaine, délectera notre fin de confinement avec une série d’articles sur sa perception du monde et une réflexion sur la matière dans sa dimension artistique.

Née en 1992 en Normandie, peintre et sculptrice polyvalente, Elsa Duault joue avec la couleur, les formes et l’espace.  Klee, Kandinsky, Pollock, Benglis ou encore l’art ancestral du Papier Marbré (Patrimoine immatériel de l’Unesco) ne représentent que certaines de ses multiples références artistiques. Elle intègre en 2017 les Beaux-Arts dans la prestigieuse Michaelis School of Fine Art à l’université du Cap (UCT) en Afrique du Sud.

Une introduction à la Nouvelle Danse

Capturer le mouvement, repousser les limites de la matière, telle serait tout ou partie d’une quête, celle d’une jeune épopée artistique. A travers une série d’articles, je partagerais avec vous l’émergence d’un langage, celui de peintres, sculpteurs ou encore vidéastes qui peut être sans le savoir, s’ancrent dans un mouvement pictural particulier. Enfants de leur époque, ils déploient dans leur travail un langage commun, proche de celui de la Nature, de l’Espace et du Temps. Est-ce un hasard que d’illustrer poétiquement notre enjeu le plus grand ? Celui d’un équilibre délicat entre l’Homme et la Nature, celui d’un nouveau rapport au Temps et au Vivant.

Il n’est pas étonnant de constater que ce mouvement est en réalité le résultat d’un héritage artistique au fil des époques. À de nombreuses reprises dans l’histoire, l’art a connu l’émergence simultanée, chez plusieurs artistes, d’un même langage pictural. Qu’ils veuillent innover ou poursuivre des recherches, qu’ils s’inspirent mutuellement de manière consciente ou inconsciente, qu’importe. Leurs signatures nous rappellent à quel point le monde qui nous entoure est interdépendant et résulte d’un équilibre fragile, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

« Si l’époque ne s’y était pas prêtée, je dis plus, si leur art ne se fût pas trouvé en rapport avec l’époque et en évolution avec les périodes précédentes, il n’eut pas été viable. » Fernand Léger, Fonction de la peinture 

Vassily Kandinsky, tout comme Léger et Klee, théorise l’abstraction. Il disait notamment: « Plus le mouvement est improvisé, plus son effet sera pur, profond et intérieur. Un mouvement très simple dont le but est inconnu, fait par lui-même l’effet d’un mouvement important, mystérieux solennel. Et cela aussi longtemps que l’on ne connaît pas le but extérieur, pratique du mouvement. Il agit alors comme une résonance pure […]. Il y a dans le simple mouvement, extérieurement non motivé, une mine inépuisable de possibilités. » (Kandinsky, Du spirituel dans l’art)

Paul Klee, dans son chapitre consacré aux recherches exactes dans le domaine de l’art, explique: « En art aussi on trouve un champ suffisant pour la recherche exacte, et les portes qui y donnent sont ouvertes depuis quelques temps.{…} Mathématiques et Physique en fournissent la clé sous forme de règles à observer ou dont s’écarter. Ces disciplines imposent l’obligation salutaire de s’occuper tout d’abord de la fonction et ne de point commencer par la forme achevée. Des exercices de mécanique (équilibre et mouvement), éduquent à s’attacher à l’essentiel, à la fonction et non à l’impression extérieure. On apprend à reconnaître les forces sous-jacentes ; on apprend la préhistoire du visible. »

Dans l’art de la Nouvelle Danse, les mathématiques et la physique entrent notamment en jeu, nous faisant tout d’abord nous préoccuper de la fonction des matières.

La fonction chez les artistes de la Nouvelle Danse est primordiale, elle est celle de la matière alors moyen et sujet. Mais quel rôle joue-t-elle, quelle fonction a-t-elle, cette Matière ? L’expression du vivant, d’un nouveau langage, de nouveaux flux, points de vue et échelles d’observation. La Matière existe en interdépendance avec son environnement et son temps.

Les forces internes de la peinture (ou autre matière); densité, viscosité, flexibilité, texture deviennent des éléments prépondérants dans la pratique des artistes vers lesquels nous allons tourner notre regard dans les articles suivants. Ces « forces internes »  de la peinture illustrent cette « préhistoire du visible », de l’acte créateur. L’œuvre finale est alors le résultat d’un procédé en accord étroit entre l’Artiste, son Médium et le Temps. L’artiste laisse place à l’expression pure de la matière, une voix lui est donnée.

Klee ajoutait également dans son chapitre Note pour les Recherches exactes dans le domaine de l’art :

« Précieuse est la connaissance des lois, à condition de se garder d’un schématisme confondant loi nue et réalité vivante {…}. Qui manque trop d’air pour pouvoir comprendre que les règles ne sont que le support nécessaire d’une floraison. Comprendre que, si l’on cherche à dégager des lois et qu’on y confronte des œuvres, c’est pour voir comment celles-ci arrivent à s’écarter des œuvres de la nature sans pour autant divaguer. Comprendre que les lois sont seulement le soubassement commun de la nature et de l’art. »

Les lois nues et la réalité vivante sont des règles nécessaires à la floraison d’une danse créative, celle de l’accord entre l’artiste, la matière et le temps. Les lois utilisées dans la Nouvelle Danse, sont purement naturelles et inhérentes à la Matière.

En plus de son caractère fluide, souple, biomorphique et organique, la Nouvelle Danse s’ancre dans une infinité de domaines tels que la peinture, la sculpture, la céramique, le design graphique, le textile, la performance, la publicité, la vidéo, les nouveaux médias..

La philosophie de la Nouvelle Danse pourrait s’apparenter à l’expression poétique du chaos qui nous entoure.

Afin d’aiguiser votre curiosité, et pour vous faire méditer, voici ma sélection de quelques œuvres et artistes auxquels je porte une attention toute particulière.

Elsa Duault, décembre 2020

The Song of C from Thomas Blanchard on Vimeo.

2,45 minutes vidéo

All videos were filmed in 8K with a RED Helium 8K camera.
The final cut is in 4K.
The music by Leonardo Villiger / Velvet Coffee.Co produced by
Ekitaimacro // Thomas Blanchard
Greenlight Films // Paul Mignot and Léa Morel

Co produced by
Ekitaimacro // Thomas Blanchard
Greenlight Films // Paul Mignot and Léa Morel

Kennedy Yanko,  (Brooklyn, New York)
Sleuth 11.5 x 17.3 x 16 in.
Paint skin, metal. 2019.
Image Denny Dimin Gallery

Callen Schaub, Obviare (Montreal,Canada)
Conditions: Performed LIVE on IG w/ Marcel Katz of @theartplug

Date & time created: 2020 June 18 6PM ET
Tools: The #chaliceofchaos , spinning machine
Materials: acrylic on 48”x72” canvas

image Callen Schaub

Erin Loree (Toronto,Canada)
The In-Between
Oil on panel
50” x 40”
2019

Yann  Houri (Paris,France)

KATRIN FRIDRIKS (Islande)
Waving Wonders – Supreme Goddesses – 2018
Acrylique sur toile
60 x 60 + 5 cm
ìmage Galerie David Pluskwa

Derick Smith (USA/Ireland)
Ox-herding (No.25) – 35x51cm – acrylic on canvas
2020
image Derick Smith

Takuro Kuwata (Japon)
Gleen-slipped Platinum Kairagi Shino bowl
Photo:Yasushi Ichikawa
courtesy of Tomio Koyama Gallery

7/30

Lucas Biagini (Toronto, Canada)
oil through canvas on panel
31″x 19″
2020
image Lucas Biagini

DYLAN GEBBIA-RICHARDS (USA)
Home in the Fire
2019
Pigment on parafin wax.
168 x 168 x 46 cm

Ian Davenport (Angleterre)
COLOURCADE: MAGENTA/PURPLE/GREEN, 2014
acrylic on stainless steel, mounted on aluminium panels (3 panels)
78 3/4 x 118 1/8 in / 200 x 300 cm
Photo: Waddington Custot Gallery
image Unit London Galerie

Miguel Chevalier (France)
POWER PIXELS 2020
MUSIQUE : MICHEL REDOLFI
Installation de réalité virtuelle générative et interactive
Wood Street Galleries, Pittsburgh, USA

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PARTAGE TON GRAND PARIS !

Nous faisons partie des sélectionnés du projet “Partage Ton Grand Paris”.

Le projet aura lieu au Cube au mois de décembre 2020.

Pour l’instant on ne peut pas vous dire plus mais restez connectés !

 

 

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H.ART ACTEUR DU GRAND PARIS !

Les acteurs du Grand Paris se sont réunis lors du Sommet du Grand Paris et H.ART était présent !

Pendant cette soirée extrêmement enrichissante et stimulante, beaucoup de thématiques d’importance fondamentale ont été abordées : on s’est interrogé sur comment construire un Grand Paris plus inclusif, on s’est demandé quelle autorité est nécessaire pour organiser les transports et comment réussir la transition écologique. On a parlé de l’héritage des Jeux Olympiques, du financement responsable du Grand Paris de demain et de beaucoup d’autre !